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Mon avis de vegan sur la Tanière zoo-refuge

Fin septembre, j’ai été invitée par Eure et Loir Tourisme à visiter la Tanière Zoo Refuge, qui ouvrira ses portes au public au printemps 2020. Vegan militante j’ai été un peu surprise de l’invitation, mon avis sur les zoos étant bien arrêté et ce depuis longtemps. Je me suis donc rendue à cette visite avec beaucoup d’appréhension. Sur les réseaux je vous ai demandé si vous aviez des questions à poser aux gérants. J’y réponds en vous donnant mon avis sur la Tanière !

Le problème avec les zoos

Pour les acteurs de la protection animale, les zoos ont mauvaise réputation. L’objectif d’un zoo, c’est le bénéfice. On peut vous enrober ça de toute la bienséance possible, vous marteler que c’est pour la « sauvegarde », vous assurer qu’on veut juste « protéger les animaux en voie de disparition », le but c’est de vous faire venir, dépenser et de s’en mettre un maximum dans les poches.

Alors quand les visiteurs veulent voir des éléphants, il faut mettre des éléphants. Et quand les visiteurs veulent voir des bébés girafes… il faut des bébés girafes. C’est comme ça qu’on se retrouve avec une surpopulation de girafes dans les zoos (alors que c’est une espèce très menacée à l’état sauvage) et qu’on assiste à des mises à mort des girafons mâles qu’on ne sait plus où mettre (risque de consanguinité ou trop de mâles dans les troupeaux…). A partir du moment où le zoo veut répondre à une attente, il perd sa fonction protectrice, du moins en partie.

enclos de La Tanière

Zoo-refuge, un statut inédit en France

Au départ c’était une ferme pédagogique où Patrick et Francine Violas récupéraient des animaux sauvés de l’abattoir. Ils se sont vite rendus compte qu’une demande similaire existait pour les animaux sauvages (animaux de cirque réformés ou saisis, animaux dont les zoos ne veulent plus, animaux sauvages détenus illégalement, etc). La ferme a commencé à s’agrandir pour accueillir toutes sortes d’animaux… des ours, des lions, des singes et bientôt des éléphants et des otaries !

Tigre zoo La Tanière Refuge

Mais la Tanière n’est pas seulement un zoo… c’est un zoo-refuge. Un statut qui est totalement inédit en France et qui a été créé pour cet établissement.

Un zoo… mais aussi un refuge !

Certes, il y a des animaux sauvages et des visiteurs, mais la Tanière fonctionne plutôt comme un refuge. L’objectif est de récupérer des animaux sauvages qui ne peuvent aller nulle part ailleurs. Mais l’objectif c’est de les replacer dans une structure adaptée sur le long terme (ou dans le meilleur des cas dans la nature, même si cela est très complexe avec des animaux élevés en captivité).

Ainsi, la Tanière ne choisit pas les animaux qu’elle va accueillir selon les attentes d’un public mais selon les places disponibles. Et elle n’a pas non plus l’intention de les garder sur la durée, ce qui est une première pour un « zoo ».

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Perroquet arrivé déplumé qui se refait un plumage

La Tanière ne se fait aucun bénéfice

C’était pour moi la question la plus importante… l’argent. Comme je le disais plus haut, quand on cherche à faire des bénéfices, il n’est plus question de bien-être animal ou de conservation des espèces. Il est question d’argent et comment maximiser les revenus. A la Tanière, le but n’est pas de se faire de l’argent sur le dos des animaux.

Il faut savoir que les propriétaires ont prospéré durant leur carrière et que c’est avec leurs économies qu’ils ont commencé la construction de la Tanière.

L’argent récolté servira à payer le personnel, soigner les animaux (avec un centre de soin au top et des vétérinaires très qualifiés notamment Florence Ollivet-Courtois spécialisée en faune sauvage), à entretenir et créer encore plus d’infrastructures.

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Un rôle éducatif

Auprès des visiteurs

Les visiteurs ne pourront pas approcher ou toucher les animaux, il n’y aura pas d’activités qui consisteront à manipuler les animaux, qui sont complètement contre-productives. Au contraire, le but de la visite sera pédagogique. Faire comprendre aux visiteurs l’impact qu’ont leur geste et leur comportement sur les animaux (même domestiques). La campagne #jenesuispastapeluche a été lancée en parallèle pour expliquer aux visiteurs qu’un animal n’est pas là pour se faire caresser ou amuser la galerie.

Deux lions (sans crinières) en quarantaine qui ont été utilisés pour le loisir des humains, qui sont devenus totalement dépendant et réclament beaucoup d’attention… du haut de leur 2 mètres !

Auprès des instances gouvernemental

En récupérant des animaux de cirques, d’autres zoos ou chez des particuliers qui les détiennent illégalement, la Tanière joue un rôle auprès du gouvernement et permet d’éveiller les consciences sur le problème de détention d’animaux sauvages. Cela est évidemment fait au côté d’autres associations de défense des animaux qui militent contre la détention et la reproduction d’animaux sauvages.

Auprès du personnel animalier

Plus qu’un centre d’accueil pour les animaux, la Tanière a également accueilli des anciens dompteurs qui sont aujourd’hui les soigneurs du refuge. On ne peut pas aujourd’hui demander à un cirque d’arrêter son activité et ne proposer aucune solution derrière aux personnes qui en vivent (souvent depuis très jeunes) et ne connaissent que ça. C’est presque un rôle sociologique qui est joué par la Tanière en offrant une opportunité aux dompteurs de se reconvertir.

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Mon avis sur la Tanière

Suite à ma visite, je pense que les gérants sont dans une démarche très positive pour améliorer les conditions de vie des animaux sauvages captifs en France (et en Europe) et qu’ils font le maximum pour éveiller les consciences à ce sujet. Comme l’a dit lui-même Patrick Violas (le fondateur), la meilleure des solutions serait de ne pas avoir à créer cet établissement. Mais quand bien même on interdirait immédiatement la reproduction et la détention des animaux sauvages en France, il serait impossible de les replacer dans la nature. Cela entraînerait même plus de dangers de mise à mort pour certaines espèces (comme les tigres). La Tanière est un intermédiaire qui a les infrastructures et le personnels adaptés.

N’oublions pas que les animaux nés en captivité ne peuvent pas (dans quasiment tous les cas) retourner à l’état sauvage.

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Francine Violas nous présente le futur enclos des éléphants (adaptés aux grands mâles).

Ce que j’ai aimé à la Tanière

L’absence totale de jugement. C’est d’ailleurs ce qui leur permet aujourd’hui d’échanger avec des dompteurs, des cirques, des laboratoires car même lorsqu’ils récupèrent des animaux (parfois dans des états dramatiques) ils ne sont pas dans le jugement de ceux qui les détenaient.

Ils ont également pu obtenir des partenariats inédits avec des laboratoires pharmaceutiques, qui ont accepté d’offrir une retraite aux singes sur lesquels sont effectués les tests (obligatoires en Europe). Auparavant il n’y avait quasiment aucune solution pour ces animaux.

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Ce que j’ai moins aimé à la Tanière

Honnêtement ? Rien ! Que ça soit dans la démarche ou les conditions d’accueil. Je pense sincèrement que c’est une très belle structure qu’il faut encourager et les autres zoos devraient suivre l’exemple.

La Tanière est très présente sur facebook et donne beaucoup de nouvelles des animaux. Je vous invite à les suivre pour en savoir plus. Ils ont également un compte instagram.

Merci beaucoup à Eure et Loir Tourisme d’avoir organisé cette journée !

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Au nom de Mischa

Réponses à vos questions sur la Tanière

J’ai répondu à une partie de vos questions dans cet article mais je me suis dis qu’il serait intéressant de faire également une FAQ. Si vous avez d’autres questions n’hésitez pas à les poser en commentaire je les transmettrai aux équipes de la Tanière, ils sont vraiment transparent dans leur démarche !

Y aura-t-il des reproductions entre animaux ?

Non, les animaux n’étant pas là pour rester il n’y a aucun but de conservation de l’espèce et donc pas de reproduction. Le nécessaire sera fait pour l’éviter.

Quelles sont les nouvelles de l’ours (Mischa) ?

Mischa est un ours qui a été récupéré dans des conditions déplorables auprès d’un couple de dresseurs après des années de demandes de saisi de la part des associations. J’ai eu la chance de le rencontrer en quarantaine, il avait déjà pris 20 kilos en 15 jours… Malheureusement l’état de Mischa s’est dégradé, une opération a été programmée et il ne s’est pas réveillé. J’ai été bouleversée par la nouvelle. Mais j’espère de tout cœur que les autres ours détenus dans les mêmes conditions seront sauvés et que le combat de Mischa n’aura pas été vain. La Tanière est prête à accueillir les autres animaux détenus par ce couple au plus vite.

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Mischa
Pourquoi avoir choisi le terme zoo, plutôt que refuge ou sanctuaire ?

Le terme a été créé sur-mesure pour la tanière. Être un zoo permet d’avoir accès à certaines subventions de l’État.

Pourquoi avoir ouvert aux visiteurs ? N’était-il pas possible de fonctionner uniquement sur dons et subventions ?

Non, la construction et l’entretien des infrastructures, l’accueil et le soin des animaux coûtent extrêmement cher et les dons ou subventions ne suffiraient pas. Par ailleurs les visites permettront un véritable rôle pédagogique comparé à des zoos traditionnels.

Les animaux disposent-ils d’espace pour se réfugier des visiteurs ?

Oui, les enclos seront très grands et permettront d’avoir des espaces de tranquillité. Il y a aussi des enclos non accessibles pour les visiteurs et une quarantaine (obligatoire) pour les animaux qui viennent d’arriver.

Si vous avez aimé cet article, pensez à le partager ! ^^

3 commentaires

  1. Très belle initiative ! Je sus vegan aussi et j’aimerais que l’on encourage ce genre d’initiatives dans d’autres zoos :)

  2. Bjr,
    Merci pour cet article et cette belle découverte.

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